Du capitalisme un peu sauvage
(Chroniques de voyage – Blog-notes N° 53)
Cela fait quinze ans, j’ai mis les pieds pour la première fois sur le sol du pays de mes aïeux. Mon père est né dans cette contrée en 1896, terre hongroise depuis un millénaire. Les bouleversements du 20ème siècle ont tout chamboulé par ici. J’ai passé mon adolescence en Hongrie, sous le régime communiste instauré en 1948. «Propulsé» en Occident après la Révolution de ’56, la France «m’a pris dans ses bras»,comme l’a si joliment chanté Enrico (*). Mon départ à la retraite a coincidé avec l’écroulement du bloc soviétique. Lors de ma 1ère visite en Transylvanie en 1993, j’ai découvert cette terre au volant de ma 405 Peugeot. Vaches, en train de paître paisiblement le long de la «grand’route» défoncée, parsemée de nids de poule; croisant ou dépassant des caravanes tziganes aux attelages bâchés abritant de la marmaille grouillante; camions poussifs grimpant les côtes péniblement, vomissant des nuages de fumée noire. Eh bien, ça a changé depuis: routes refaites, vaches et attelages disparus, poids-lourds «style US»qui passent en vrombissant, les vieux tacots cèdent la place aux voitures «tendence» ‘dernier cri’; maisons et villas de luxe poussent comme des champignons, un peu n’importe comment: le plan d’urbanisme fait défaut souvent. Les messages de pub en anglais sans traduction ne sont pas rares. Carrefour, Auchan, MacDo et les autres sont omniprésents. La Roumanie prend l’adhésion à l’Union au sérieux. Seul ennui:le couvercle totalitaire ayant sauté, le changement total est un peu trop sauvage. La preuve est cette première:les ouvriers qui fabriquent la«Logan Renault»à Mioveni sont en grève;ils en ont marre d’être payés au lance-pierre, alors que la voiture qu'il produisent est un succès mondial. A suivre...
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* Enrico MACIAS bien sûr