20ème siècle – 4 générations *
(Galerie de portraits – Blog-notes n° 54)
Sarah, mon hôtesse, parle volontiers de sa famille, de sa mêre qui vit dans un patelin à 10 km d’ici et qu’elle adore. Magdaléna, c’est son prénom, est née dans les années ’20, sous le régime roumain. Leur langue, elle ne l’a jamais apprise. Mariée très jeune, tous deux ils étaient cultivateurs, avec son époux. Leur village est encore Hongrois à 100 %. Petite, Magda avait appris tous les «métiers» qu’une fille de la campagne doit savoir pratiquer. Outre aider son mari à travailler la terre, elle prenait soin de l’immense jardin potager, s’occupait de la basse cour, des 2 vaches et des 3-4 cochons dont on tuait au moins deux par an. Elle avait toute la maison à faire marcher: du pain chaque semaine, tous les jours la cuisine, la traite des vaches matin et soir. Jeune fille, elle avait appris la couture, mais aussi le tissage de la laine et du coton; connaissait la préparation du chanvre: le rouissage, le broyage le teillage. Magda avait fait elle-même son trousseau de jeune mariée dont elle a passé plus tard une grande partie à sa fille Sarah, que celle-ci garde comme des reliques. Mon hôtesse me conte des anecdotes de leur vie quotidienne jusqu’à ses 14 ans; comment allait-elle à l’école en hiver, par 1m50 de neige, au village voisin distant de 4 km, bravant le danger de tomber sur des loups qui rôdaient dans les parages; comment, 2 ou 3 fois par semaine, sa mère se levait à trois heures du matin et allait au marché de la ville, par la forêt où les ours n’étaient pas rares, pour y vendre légumes et poulets afin d’avoir de quoi acheter vêtements et chaussures à ses deux fillettes, son pingre de mari ne lui donnant pas d’argent. J’écoute et j’ai du mal à croire à tout cela, sachant pourtant qu’elle dit la vérité...
* Aujourd’hui 12 Avril 20O8 : Magdaléna,l’arrière grand’mère