Que vont-elles faire à Rome, les cloches ?
(Chroniques de voyage - Blog-notes N°38)
Les Hongrois disent: «Autant d’habitudes que de maisons». Les usages festifs traditionnels sont différents, suivant les pays où ils sont pratiqués. Mérimée nous engageait à respecter les «us et coutumes» des pays où l’on voyage. Au moment des fêtes pascales je ne parlerai que d’une cérémonie traditionnelle que l’on ne pratique pas en France. Le Lundi de Pâques, les «mâles» donnent un «coup d’arrosoir» à la gente féminine, de peur qu’elle ne se fane. Maîtresses de maison, demoiselles, petites ou grandes, attendent chez elles ceux qui viennent «les arroser». Honni soit qui mal y pense, c’est fait en tout bien tout honneur. On aura préparé, pour les «récompenser», œufs durs coloriés, oeufs en chocolat, confiseries et gâteaux pour les petits, collations et boissons pour les grands. Dans les villages les filles ont droit à des «sceaux d’eau» pour les mouiller de la tête aux pieds. Touristes étrangers s’abstenir! En milieu urbain «l’arrosage» se pratique avec du «patchouli» plutôt que du parfum de qualité. Et les cloches, dans tout ça? En 1456, dans sa «bulle à prières», le pape Callixte III ordonna à la chrétienté de faire sonner les cloches à midi pour commémorer la victoire sur les Turques à Nàndorfehérvàr (présentement Belgrade) de l’armée hongroise de Jànos Hunyadi, fait d’armes ayant sauvé l’Europe chrétienne de l’envahissement musulman. Le Vendredi et le Samedi Saints les cloches sont muettes à la mémoire du supplice de Jésus. C’est là où on dit qu’elles vont à Rome. La légende veut qu’en 1674, dans la tour de la Basilique St Pierre, le sacristain trouva un jeune Hongrois nommé Kopeczky, qui fit le voyage, s’étant attaché au battant de la Vieille Cloche de sa Késmark natale. En voilà un, venu visiter la Ville Eternelle «à cloche-pied…»