J’ai un fils quelque part
(Blog-notes N° 30)
Le jour où mon fils est né, reste un jour inoubliable. J’ai assisté à sa naissance. Ce fut un lundi 1er Janvier. La maternité - «déserte». Comme les rues de Paris. Depuis la veille la température avait chuté de plus de vingt degrés. Il faisait près de moins 10°. Elle a perdu ses eaux vers les 9 heures. A dix heures on était à la «salle de travail». Sans faire exprès, je me suis mis à compter les contractions. Je lui tenais la main. Je souffrais avec elle. A la soixante-huitième contraction on l’a transportée à la salle d’accouchement. Il était 5 heures de l’après-midi. L’arrivée finale au monde de Jo a été extrêmement difficile. Quand il a fallu en venir aux forceps, j’ai été prié de sortir. 2 minutes après, à dix-huit heures 47’, la naissance eut lieu. Le pédiatre, l’emportant pour l’examiner, m’a dit: «Félicitations, vous avez un beau petit garçon!» Les années s’envolaient à la vitesse grand V. Je ne sais plus à quel moment eut lieu le déraillement? J’ai pu tenir le coup pendant 10 ans. Il n’est pas aisé d’élever un enfant en subissant une «guerre de tranchée» tous les jours. Au lieu de rétrécir, les 26 ans de différence d’âge entre sa mère et moi sont devenus 26 années lumières. Pourtant, je l’aimais, mon fils. Je faisais tout pour le lui prouver. Et je crois que, jusqu’à ses 14-15 ans, il le ressentait, lui aussi. Cependant la séparation est devenue inévitable. Malgré cela, j’ai bien voulu l’héberger dans mon petit chez-moi, pendant 5 ans, pour qu’il puisse faire ses études de droit. A 25 ans il m’a fait«interdit de séjour»dans l’appartement même dont je supportais les charges, en me traitant d’une manière ignoble. J’ai dû le mettre dehors, c’en était de trop. Je n’ai plus de nouvelles de lui. Je ne sais pas ce qu’il devient. Mais «pas de nouvelles – bonnes nouvelles.» Je sais que j’ai un fils quelque part.