Il était une fois une petite résidence dans la belle forêt qui s’étend près de Versailles, du côté de Ville d’Avray, bourgade rendue fameuse par ses…dimanches. La chance a voulu qu’une joyeuse compagnie se fût rassemblée dans ce charmant domaine dont les trois bâtiments abritaient la vingtaine d’appartements de l’ensemble. L’âge moyen des mecs était d'environ trente cinq ans, celui des femmes de vingt à vingt-cinq. Cinq petiots, trois fillettes, deux garçonnets. La plus petite cinq et le plus grand pas encore neuf ans. Au-dessus de nous, Rolf, fils adoptif d’un diplomate italien, et sa femme Monique; à côté, Alain et Linda, avec qui on se saluait, par des signes amicaux mais on se voyait jamais ; à l’autre bout, toujours au premier comme nous, René et Dany, parents de Cyrille, Jean-Yves et Manou. Eux allaient devenir nos amis les plus proches. Nos balcons longeaient le bois dont ils touchaient les arbres. Au milieu, le long de la cour, au premier, Henri, architecte au cœur large et aux idées généreuses, à l’origine de cette réalisation rare. Derrière l’assen’ de Carqueiranne sa bonté débordait, pareille à son parler. Au dessous, le dogue danois noir et blanc Alph et son maître Gérard, mon « vieux pote », enfoncé profond dans la dèche, à cette époque. C’était son idée de nous faire venir ici. Et Arlette, avec sa Caroline chérie, âgée de 6 ans comme notre Nani, tout devant, jouxtant la rue de Versailles. Telle était la «troupe» que nous avons rejointe, au printemps ’68 (eh oui!), mes deux Marika et moi, Pierre. Entre les parties de pétanque acharnées, de la promenade autour des deux étangs, allant sur Paris par l’immense Parc de Saint-Cloud, en enchaînant par le Bois de Boulogne, c’est là que nous vécûmes les événements de Mai 1968…