Pas besoin d’avoir l’oreille musicale pour aimer les chansons. Même si l’on n’est pas capable d’émettre un seul son juste, l’on ne peut pas se soustraire à la magie d’une mélodie ensorcelante. La route de la vie est rythmée par des battements du cœur et bordée de chansons pareilles aux bornes kilométriques. «C’est du champagne, un frisson, C’est peu de chose, une chanson, Mais dis-moi c’ que nous ferions, S’il n’y avait plus de chansons» C’est Charles Dumont, l’auteur de «Non, rien de rien, Non, je ne regrette rien»(le succès absolu qui a relancé Edith Piaf, une dernière fois, avant sa disparition) qui parle ainsi et qui continue «Ce n’est qu’un point dans l’infini, Un petit bout de mélodie, Que l’on invente sur un piano Et qu’on habille avec des mots» Cette rencontre de la Musique et de la Poésie peut parfois nous marquer pour la vie. C’est souvent après coup, des années plus tard, que leur souvenir nous frappe soudain comme une puissante décharge électrique. Tout leur contenu émotionnel remonte instantanément à la surface et nous remporte au passé lointain, tel un tsunami émotionnel auquel rien ne peut résister et que l’on a cru pourtant oublié pour toujours. Et comment résister au plaisir de citer ici ces vers de Bernard Dimey:«Entre Nini Peau d’Chien la Fleur de la Bastille et Prosper Youp la Boum et Parlez-moi d’amour… Entre Paris Canaille et le Petit vin blanc, Entre les Feuilles Mortes et Démons et Merveilles, entre la voix de Piaf et la voix de Montand…Les chansons venues du fond des âges, De l’époque où le Roi faisait battre tambour, Jusqu’au Temps des Cerises, le plus bel héritage, Le plus joli fleuron de la chanson d’amour…» Remercions la Providence de nous avoir greffé dans l'âme cette plante miraculeuse et immatérielle qui fait partie de nous depuis l’éternité et pour toujours… !