Le ticket du jour
(Avertissement : ne pas oublier de valider son ticket !)
On se raconte pas mal d’histoires. Tenez : l’amour. En ont- elles du succès, les histoires d’amour! Avant, ce n’était pas marrant. C’était la solitude. Puis l’amour est arrivé. Comme Zorro. Et tout devient différent, finie la solitude. On est amoureux, on fait la fête, on s’amuse. Quand le quotidien revient, la fête est finie. L’amour se fait la malle. Brel le dit bien: « … à la mort du jour, dans les draps de l’ennui on se retrouve seul ». Au lieu de s’en réjouir, de cette liberté retrouvée, ce tête-à-tête serein avec soi-même, on le fuit éperdu, pris de panique. La solitude fait peur. Pour s’en affranchir, on prétend qu’elle n’existe pas. Il n’y a pire cécité que le refus de regarder les phénomènes en face. Nous n’étions en vraie sécurité que dans les entrailles maternelles et, dès notre venue au monde, nous sommes exposés aux dangers qui, de tous côtés nous guettent. Car nous sommes seuls, irrémédiablement. Sûr qu’il vaudrait mieux l’apprivoiser, ce prédateur qui nous terrorise. En faire « presque une amie, une douce habitude » comme le suggère George Moustaki. Ne me croyez pas aigri, désenchanté, revenu de tout. L’amour est la merveille de la vie. Elle court, elle court, «…la maladie d’amour, dans le cœur des enfants de sept à soixante dix-sept ans…» Et que ceux qui ont le privilège divin de l’avoir rencontré, le gardent jusqu’au bout, jusqu’à leur dernier souffle. Je leur souhaite le sort qu’a connu Philémon et Baucis qui, par la grâce de Zeus, moururent le même jour, Philémon transformé en chaîne et Baucis en tilleul. Merveilleux symbole de l’amour triomphant même de la mort…