Le ticket du jour
(Avertissement : ne pas oublier de valider son ticket !)
Juin ’59, venant de Strasbourg, je débarque à Paris en conquérant et en Lambretta. A la Cité Universitaire je tombe par hasard sur un pote. On se connaît depuis la fac à Budapest. Il est gardien et barman de la Maison de Tunisie où il a sa chambre. De la réserve on monte deux couvertures et me voilà parisien à mon tour. Notre quartier général c’est le «Old Navy», à Saint Germain. On bosse aux Halles deux ou trois nuits par semaine. Cela assure plus ou moins la pitance. Au Navy j’apprends que, Quai d’Orsay, face au zouave du Pont de l’Alma, se trouve le bureau d’une Madame Marty qui distribue des bourses à tour de bras. La dame m’indique qu’à l’Administration de la Sorbonne, rue de Seine, il y a des bourses pour s’inscrire au C.E.R.T(Centre d’Etudes de la Radio Télévision) Je me retrouve donc, début Septembre, parmi 25 stagiaires, rue Jeanne d’Arc, à Issy-les-Moulineaux. Le stage se déroule dans quelques bureaux entourés du garage central de la RTF, la menuiserie des décors pour les Studios de Cognacq-Jay et d’un Studio Expérimental, où se met au point la Télévision en Couleur. J’opte pour le cours Assistants Réalisateurs, dans l’espoir de faire des films un jour. Mais, malgré être 1er de promotion à la fin de l’année, n’ayant pas encore la nationalité Française, je ne suis recruté qu’auxiliaire de recherche par Pierre Schaeffer, Chef du Service de la Recherche de la RTF. Ce personnage haut en couleur des débuts de la Télévision répétait volontiers:‘Je trouve d’abord,je cherche ensuite’. Plus tard, de ce mot, j’en ai fait ma devise et ça m’avait toujours réussi depuis.