Ticket du jour
(Attention : ne pas oublier de valider son ticket !)
J’ai la chance de pouvoir partager mon temps entre 3 pays. La France – qui m’a adopté, abrité et assuré ma vie ; la Hongrie, qui m’a vu naître (ou presque) et Erdély, (Transylvanie) – qui n’est pas un vrai «pays», je le sais bien, mais qui a vu naître mon père et qui était Magyarorszàg (la Hongrie), en 1896. Tout ça n’est pas ma faute. Mais je refuse de faire «comme si de rien n’était». En tout cas, laissez-moi vous dire : je suis un «nomade» de luxe. C’est mon destin. – Il y a deux décennies, j’avais encore près de moi mon grand ami, Géza Radvànyi «clochard de luxe» quant à lui. Et «itinérant»,aussi. Exilé volontaire de Budapest, il faisait la «navette» sur l’axe Vienne (Autriche),Munich(alors Allemagne de l’Ouest)et Paris. La seule différence entre nous était sa réussite, due à son immense talent et la notoriété qui allait avec. L’argent qu’il gagnait (d’importantes sommes, durant un bon moment), il le dépensait en «grand seigneur» qu’il fut. A la question qu’on lui posait parfois:«Pourquoi n’avez-vous pas ‘un chez vous’?», sa réponse invariable était: «Cela vaut-il la peine de s’installer pour une soixantaine d’années?»Il vivait dans des chambres d’hôtel, la plupart du temps. Son frère aîné, un des plus grands écrivains de langue Hongroise du 20ème siècle, Màrai Sàndor, s’exila volontairement, lui aussi, vécut un temps en Europe, à Genève, à Paris, à Naples, puis traversa l’Atlantique vers New York, pour finir à San Diego, en Californie. Il y a des destins comme cela…