Le ticket du jour
(Avertissement : ne pas oublier de faire valider son ticket !)
Dans les années ’60, la France connut un été franchement pourri. Fut-ce le commencement, bien avant l’heure, du changement climatique, on n’en sait rien. Avec les prévisions météo peu fiables, le mauvais temps dura tant que, non seulement les touristes étrangers, mais les Français eux-mêmes finirent par aller ailleurs passer leurs vacances. L’industrie du tourisme en panne, un responsable eut une idée lumineuse. Il passa commande à Guy Béart, alors fort en vogue, d’écrire une chanson sur le beau temps et l’envoya en tournée, par tout le pays, pour consoler juilletistes et aoûtiens, réchauffer leur mauvaise humeur frigorifiée, par la chaleur souriante et optimiste de son art. Guy Béart fit un malheur avec le tube qu’il composa : « Il fait toujours beau quelque part », dont le retentissement put être comparable à celui du « Métèque » de Georges Moustaki. L’anecdote tend à prouver que non seulement il est possible de résister à l’influence souvent néfaste exercée sur nous par les conditions climatiques, mais encore nous pouvons renverser cette tendance négative ou tout au moins la rendre neutre, moins offensive, en faisant appel à l’effort d’un mental à toute épreuve. Pour ma part, c’est à votre clémence que je fais appel, pour me pardonner ces jérémiades à propos des (mauvais) coups que la météo nous distribue, généreusement et sans discontinuer, depuis des temps et des temps… Cela me console de pouvoir me dire que, parfois, nous autres humains, nous sommes capables de faire non seulement de la pluie mais aussi du beau temps…