Délices des Jeux de l’Amour - Affres des Jeux de la Jalousie
(Chroniques d’un voyage - Blog-notes n° 41)
De passage dans la ville où je fus « ado » jadis, je hume les parfums de mes amours d’antan. Des visages surgissent au détour d’un coin de rue où des silhouettes qui me précèdent me remplissent d’un vague trouble, par la ressemblance imaginée ou réelle de figures et de formes qui m’apparaissaient proches et familières autrefois. Je suis l’homme invisible qui revient à pas de loup sur les lieux dont le souvenir l’attire avec force et douceur à la fois. J’avance en fantôme et des prénoms de femme font leur sarabande autour de ma tête. De délicieuses réminiscences surgissent et bercent mon cœur d’une mollesse joyeuse: les traces des amours pures et innocentes bordent mes promenades. Frôlements imperceptibles de doigts, caresses immatérielles d’une mèche de cheveux, l’haleine parfumée, bue goulûment en cachette, la demande timide d’un chaste baiser refusé à regret. Le temps, figé jusque là, s’emballe soudain et me propulse au-delà de mes 30 ans. Là, les corps désirés deviennent réalité, leur possession: volupté quotidienne. Les étreintes amour - passion prolifèrent. Le plaisir en jaillit et fait mal. Et la peur s’installe. La peur de la perdre, Elle. Nul besoin de soupçons. Il suffit de L’imaginer dans les bras d’un autre. La jalousie sans objet prend les devants. Il faut être le premier à tromper. La voisine aux seins irrésistibles s’offre à moi. Je la violente presque, Armelle, brutalement. Elle adore ça, en redemande. Plus tard, on fait l’amour à trois. Mais plus il y a de délices, plus j’en souffre. Le triangle perd sa magie, même malgré Dyna. Contre l’inévitable, la lutte est vaine. L’enjeu, la garder, me dépasse, est au-dessus mes forces. Et, un jour, elle n’est plus là. Je manque d’en crever. Mon salut, c’est que j’ai ma fille qui a besoin de moi.