Le tag est à la peinture ce que le rap est à la chanson
(Blog-notes n° 33)
Les tags vous laissent indifférents ? Impossible. Ces gribouillis, ces barbouillages, ces signatures codées sont déplaisants, laids à donner la nausée, inquiétants, révoltants même. Ils blessent le regard, irritent le bon goût et font craindre je ne sais quelle conspiration sourde qui vous vise et contre laquelle il n’y point de défense puisque vous n’en pouvez pas pénétrer le sens ni mesurer le danger. Ils pullulent partout, sur les murs, sur les trottoirs où vous cheminez, dans les bus, au métro, sur les marches des escalators ou des escaliers. Ces barbares qui les «créent» ou plutôt qui les commettent, suscitent un malaise et ne méritent pas de respirer le même air que vous car ils gâchent à dessin (c’est le cas de le dire) tout ce qui vous entoure. Ils ont à coup sûr quelque chose à dire et ils vous le communiquent par leur manière tordue. Bien sûr, les «graffitis» existent depuis la nuit des temps. Les grottes de Lascaux abritent de véritables chef-d’œuvres, d’authentiques fresques d’art créées par nos ancêtres. On a découvert aussi des graffitis tracés sur les monuments des villes antiques. Il y a, sans aucun doute un besoin profond dans la nature humaine à «signaler sa présence» aux autres. Mais c’est la manière qui compte, le fameux «comment». Le tag, c’est le chien qui marque son territoire, en y pissant, sauf le respect que je vous dois. Mais je suis injuste avec ces bêtes: on n’en a jamais vu une rayer les vitres dans les transports publics, d’abribus ou des vitrines des magasins: déprédations bêtes, méchantes et inutiles. Décidément: la maladie du tag est à la peinture, ce que le rap est à la chanson. Leurs pratiquants se prennent pour des artistes, mais ils ne font que bâcler, cochonner, saloper, torcher!