In memoriam Bernard Diez
(Blog-notes du jour N° 26)
Bernard, ta perte il y a 6 ans reste un chagrin indicible.Tu es de la meilleure part de ma vie qui m'a apporté l’insoutenable bonheur de la liberté.On s'est connus au Conservatoire de Strasbourg sous la férule d' Antoine B. qui dirigeait la Radio et notre classe d’Art Dramatique. Ce matin de septembre 1957, j’entrais: sur scène, tu répétais le «Misanthrope». Jean R. jouait Alceste, toi, en Philinte, lui donnais la réplique. Je revois tes gestes, ta figure mince, le brillant de ton regard derrière tes lunettes dorées. Nos discussions, dans ta chambre exiguë dont les fenêtres donnaient sur la Cathédrale.Je t'ai conté comment, me promenant au bord du Rhin, ai-je réalisé d'être libre... Le Français que j’apprenais goulûment, à fortes doses. Tu t’occupais déjà à poser les fondations de l’Oeuvre Poètique de Bernard Lorraine. Dans l’entourage gentiment «homo» des ces comédiens «pros» que nous fréquentions,tu as eu ce joli mot:«Il nous est arrivé de partager le même lit, mais nous n’avons jamais couché ensemble!» Notre «Compagnie» jouant «Le Commissaire est bon enfant»de Courteline, au Concours à Metz.Nous bâtissions des projets, dans la maison de tes parents à Greux pendant les 2 mois de vacances, l’été ’59. A Paris, ton studio, rue de Rome, ton petit logis rue Feutrier, au pied de la Butte, suivis de tes années sud-américaines. Nos rencontres se raréfiaient, avant de reprendre à nouveau,lors de visites chez vous,à Greux.Il y a eu encore votre venue à Budapest, les 15 jours en Guadeloupe… Mon Bernard, à l’ombre de la petite Eglise, de l’autre côté de ta maison, j’ai une faveur à te demander. Quand tu iras revoir ton Anne-Lise dans ses rêves, essaie de la réconcilier avec moi: j’ignore pour quelle raison elle me tient rigueur à ce point et sans explications…