Un voyage imprévu Paris Francfort en l’an 1969
(Blog-notes du jour N° 25)
On a fui la République Populaire Hongroise, début’57, avec ma Mère, 48 ans et mon frangin qui en avait onze. En France jusqu’en 1964, Maman est allée rejoindre ses deux sœurs à Los Angeles, en Californie. Cinq ans après, habitant Ville d’Avray, je reçois une lettre: elle annonce sa 1ère visite; il me faudra aller la chercher à l’aéroport de…Francfort:elle a eu un billet charter au prix avantageux…Maman ne s’était jamais soucié de petits détails, que, par exemple, il y avait 700 bornes entre Paris et Frankfurt am Main. Riant de son insouciance, je me demande comment vais-je boucler ces quinze cents kms avec ma Fiat 600? Un pote, en vrai Père Noël, me prête sa Mustang. Je m’élance sur les routes du Nord que je connais peu. Pas d’autoroutes encore, direction Allemagne. Dans ma hâte je suis parti sans cartes routières. Vers 4 heures du matin je suis près de mon but pourtant. A cette heure, le trafic est nul. Je n’ai pas de repères et mon Allemand est nul aussi. Que faire? Arrive une Mercedes. Avant de pouvoir lui faire signe, s’arrêtant à ma hauteur l'homme me demande, en bon français, s’il peut m’aider? La route de l’aéroport? Il va bosser, à la tour de contrôle, étant contrôleur aérien; je n’ai qu’à le suivre:il me fera passer par l’entrée du personnel. (Heureux temps où le spectre du terrorisme était inconnu!) Ce triple miracle est suivi d'un quatrième: sur place, il me fait monter à la salle de Contrôles, appelle par radio le vol L.A. afin que je puisse parler à Maman, qu’il fait venir au micro. Enfin, sur les insistances de mon Helmut, le chef steward promet accompagner Maman, en personne, au «point rendez vous». Quand je la vois arriver, poussée dans un fauteuil roulant que suivent 2 caddies avec une demie douzaine de grosses valises dessus, je ne suis plus surpris du tout…