Lavage de cerveau universel
(Blog-notes du jour N° 28)
Il a fallu deux à trois dizaines d’années pour me nettoyer la tête des «déchets» qui s’y sont accumulés lors ma période «teenager», mes 13-19 ans, vécus sous la dictature. C’est l’âge réceptif où les influences subies creusent des traces indélébiles. Seul exemple pour cette fois: la cervelle imbibée de chants soi-disant «révolutionnaires», on était «sous perfusion» incessante. La cure médicale-idéologique pratiquée sur nous, avait une efficacité diabolique: l’ado adorant chanter, le texte pénétrait son esprit, l’infiltrait de doctrines «drogues dures», le tournait en robot. Ce poison auditif était omniprésent, sa diffusion universelle. Ecole, haut-parleurs, radio, réunions, défilés, autant de cours de formation militante:«Tisse la soie, camarade! Que la soie soit drapeau! Qu’il conduise au combat Tout le peuple aussitôt!» Tout un programme ! L’avenir radieux (odieux?), tapi derrière nous attendait. Par chance, je me suis enfui de cet enfer. Mais son spectre n’avait de cesse à me poursuivre. En France, déjà depuis fort longtemps, chaque matin, en me rasant, sous la douche, je hurlais littéralement ces scies exécrables, répugnantes: impérieusement, il me fallait les arracher, chasser, extirper, évacuer de moi, pour m’en délivrer. Je me sentais laid, sale, malade, en danger tant que je restais porteur de ces cafards puants, ces germes morbides, ces parasites cancéreux toujours susceptibles de mutation irréversible et monstrueuse vers le fanatisme terroriste de toute dérive extrémiste de tout bord! Dieu merci, j’en suis enfin guéri. Mais entendez mon message: méfiance ! La dictature n’a ni bord, ni couleurs. Elle vous guette à tout instant, si vous relâchez votre vigilance !