Où finit l’avarice, commence le gaspillage
(Blog-notes du jour N° 23)
Il paraît que la cuisine est l’art d’accommoder les restes. Utiliser ce qui est encore consommable, n’est pas forcément de l’avarice. Mais jeter un objet usagé, ouvre le chemin au gaspillage. Quand les fabricants, pour pouvoir vendre leurs produits, ont réussi, avec l’aide des publicitaires, à persuader les gens de se défaire de leurs vieilleries, la grande ère de la Consommation a commencé. Pour promouvoir cette nouvelle religion, on avait bâti des Cathédrales : les Centres Commerciaux des « super » et des « hypermarchés » de la Grande Distribution. Leur credo: acheter, acheter et acheter encore, quitte à s’endetter jusqu’au cou. Devenue docile, la clientèle se ruait sur la camelote et la remplaçait par de la pacotille, tout en remplissant les poubelles par ce qui devenait superflu. Les échoppes de réparations fermaient, les petits artisans disparaissaient. Le processus absurde de la «croissance à tout prix» se mit en branle. Plus on produisait, plus on consommait et plus on consommait, plus on produisait. La guerre froide finissait : le «camp socialiste» ne pouvant plus suivre, les «cocos» ont «jeté l’éponge». Les multinationales occupèrent le terrain laissé libre, « mondialisèrent » l’économie, en allant chercher de la main d’œuvre toujours plus loin, pour l’avoir encore moins cher. Le fossé entre richesse et pauvreté devenait abyssal. La tension extrême entre les pays développés et les continents miséreux avait accouché le monstre du terrorisme. Et, comme si ce bilan désastreux n’était pas déjà suffisamment catastrophique, le réchauffement climatique dont l’humanité moderne est première responsable, commence à nous faire montre de l’immense danger qu’elle représente pour nous tous, sans exception. Nous sommes dans de «beaux draps». Il serait temps de devenir raisonnables…